TAROT BOULOT 2021

Consultation sur l’avenir du travail 

 

Un an après le début de la crise sanitaire sous la triple conjonction de Jupiter, Saturne et Pluton en Capricorne (un événement qui n’était pas survenu depuis 500 ans et dont les astrologues disaient qu’il était annonciateur d’un cataclysme), après avoir traversé nous-mêmes moults questionnements, après avoir conduit sur des faux-plats, gravi des montagnes pour les dégringoler ensuite, nous avons eu envie de solliciter à nouveau les travailleurs français, pour prendre leur pouls 365 jours après notre première enquête  in(tro)spection du travail

 

“La nécessité est mère de l'invention”, disait Platon. 

 

En mars 2020, pendant les premiers jours de notre assignation à résidence, vous nous aviez partagé vos questionnements, vos aspirations, ce que vous souhaitiez remettre en question. Depuis, nous avons dû adapter nos modes de travail, réinventer le vivre ensemble, faire pivoter les business models, accélérer les transformations sous la contrainte, parfois pour le mieux, parfois moins.

 

Même si les incertitudes persistent et si les divinations restent bancales,

le besoin de faire le bilan est là. 

Pour capturer avec finesse et sans poncif ce qui nous anime encore et avant tout. 

Pour décrypter ce que cette année loin d'être perdue a changé dans notre rapport au travail. 

Pour repartir sur des bases saines. Pour de bon. 

 

Consultation de notre rapport au travail à l’aune d’un nouveau déconfinement et d’un retour au bureau et décryptage des grandes tendances pour nos organisations.

 

Promis, sans prophétie magique !

ENQUETE-04.png
ENQUETE-05.png
 
paralax-06.png

Survolez et cliquez sur les cartes pour lire l'avenir !

LE BATELEUR
L’année des grands questionnements :
introspection ou action ?

dos carte-07.png
LE BATELEUR.png

Maison 1 :
Réflexions existentielles

Cliquez-moi !

Maison 2 :
Rapport au travail

LE CHARIOT

Le travail face à l’essentiel et

l’essentiel au travail

dos carte-07.png
CARTES-13.png

L’HERMITE
Le besoin urgent
de renouer avec l’essentiel

dos carte-07.png
CARTES-12.png

LE BATELEUR
L’année des grands questionnements :
introspection ou action ?

Maison 3 :
Entreprises en mutation

LA

ROUE DE LA FORTUNE

À l’échelle de l’entreprise,

quel est le new deal ?

dos carte-07.png
CARTES-14.png

LA TEMPÉRANCE
Le manager-animateur

dos carte-07.png
CARTES-11.png

LE CHARIOT

Le travail face à l’essentiel et

l’essentiel au travail

LE MAT
Façonner de nouveaux espaces de travail

dos carte-07.png
CARTES-10.png

Maison 4 :
Nouveaux projets de sociétés

LE JUGEMENT
l’entreprise rêvée
de demain

dos carte-07.png
CARTES-08.png
 
ENQUETE-03.png

Maison 1 :
Réflexions existentielles

dos carte-07.png
LE BATELEUR.png

LE BATELEUR

L’année des grands questionnements :
introspection ou action ?

Le Bateleur représente l’énergie active et la force vitale. Avec Le Bateleur, le consultant est prêt à faire des choses, à se manifester dans la vie. Dans sa face sombre, Le Bateleur est un indécis, un touche à tout incapable de poursuivre ce qu’il a commencé. Il est dans le peut-être qui ne se détermine pas suffisamment.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue.” - Socrate

Il est certain que cette année cocon, moins fournie en activités mais pas moins forte en émotions, aura été favorable à l’introspection. 


des travailleurs français se disent plus centrés sur leurs besoins personnels et individuels

des répondants ont questionné et remis un aspect de leur vie en cause.

Et pourtant, 

ont effectivement opéré un changement concret.

80%
68%
39%

L’heure n’est pas aux changements précipités mais au bilan :

l’occasion de prendre le temps d’analyser ses profondes motivations et ses repères fondamentaux.

On vous en propose un tour d’horizon !

albert.png

Quand on veut faire des choses et qu’on ne les fait pas, on a besoin de se l’expliquer. La meilleure excuse c’est “je n’ai pas le temps”. Avec le confinement on a eu du temps et on n’a pas plus fait de choses qu’avant. Faire des choses ce n’est pas juste de la disponibilité mais tout un schéma intention-action-maintien.

L’oeil d’Albert Moukheiber, docteur en sciences cognitives

ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
dos carte-07.png
CARTES-12.png

Maison 1 :
Réflexions existentielles

L’HERMITE

Le besoin urgent de renouer

avec l’essentiel

L’arcane L’Hermite symbolise la prudence et le temps nécessaire pour comprendre et obtenir ce que l’on cherche. C’est une image de patience. L’Hermite est la capacité de comprendre en profondeur et d’éclairer son histoire et tout ce qui est passé ou caché. C’est un éclaireur et un guide.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Renouer avec l’essentiel par un retour aux autres

Si les confinements successifs nous ont invité à nous recentrer sur nous-mêmes, ils ont surtout été l’occasion - dans ce grand ménage intérieur - de renouer avec les autres. Un retour à la qualité du lien social dans le cercle des relations proches se démarque parmi les priorités de vie des répondants.

Aujourd’hui, votre priorité n°1 :

45%

La famille, les amis

Une priorité pour 36,9% avant la crise - In(tro)spection du travail

34%
13%
2,6%

Mon bien-être, mes passions

17,6% avant la crise 

Mon travail, mes responsabilités

41% avant la crise 

Mes autres engagements

5,3%

Autre

Renouer avec l’essentiel
par un alignement entre valeurs et travail 

Au cours des derniers mois, les Français semblent s'être majoritairement attachés à rééquilibrer les différentes composantes de leur existence mais aussi à se (re)mettre en cohérence avec leurs valeurs personnelles.

 

“Je souhaitais retrouver du sens dans mon quotidien et me synchroniser à nouveau avec des valeurs que j'avais un peu mises de côté ces dernières années.”

Ce qui a été le plus questionné ces derniers mois : 

  • 1/ Mon boulot et son utilité (38%)

  • 2/ Mon mode de vie (35,5%)

  • 3/ J’étais bien aligné(e) et n’ai rien remis en cause (32%)

  • 4/ Mon lieu de vie (26%)

  • 5/ J’ai traversé une crise de sens totale (16%)

ENQUETE-15.png

Le travail se retrouve ainsi en première position des remises en question dans cette quête d’alignement. Un constat qui se reflète dans les attentes à l’égard de l’entreprise. 
 
Une quête d'alignement pouvant s'expliquer en partie par l'amenuisement progressif des frontières
entre sphères professionnelles et privées.

Pour en savoir plus

Emmanuelle Duez, Les Échos mai 2021

Le travail s'est propagé dans tous les recoins de nos vies, mais nos vies aussi se sont immiscées dans le travail. Problèmes de couple ou solitude pesante, enfants turbulents ou bébés en bas âge, insomnies chroniques et vides existentiels se dévoilent, traversent les écrans. Fragilités, craquages, sautes d'humeur, crises de sens, obsessions, papiers peints défraîchis, conflits de voisinage, ménage, mort du poisson rouge :

les petites et grandes choses qui font le sel de la vie parsèment désormais le travail, se retrouvent tissées avec lui. Comme je travaille, je vis. Et, demain, cela laissera des traces.

ENQUETE-03.png

L’HERMITE

Renouer avec l’essentiel
en questionnant la place du travail dans sa vie 

 

Gare aux jugements hâtifs ! Si les travailleurs Français propulsent la famille, le bien-être et les loisirs en haut de leur liste des priorités (seraient-ils Français autrement ?), le travail est pour autant loin d’être tombé aux oubliettes. Il a continué d’occuper une place conséquente dans leur quotidien ces derniers mois. 

 

Aujourd’hui le travail a…

  • La même place qu’avant 43%

  • Moins de place qu’avant 29,5%

  • Une place plus importante qu’avant 27,6%

 

La moitié des répondants déclare même avoir travaillé davantage, jusqu’à 59% pour les managers particulièrement. Une charge de travail qui ne s’est pas toujours révélée saine : 58,3% des travailleurs disent s’être  sentis moyennement voire complètement épuisés.

“La peur de l’ennui est la seule excuse du travail,” disait Jules Renard.

Le travail a certainement constitué un refuge face à des vies alors bien moins mouvementées. 

 

Si les changements radicaux de trajectoire et de vie restent minoritaires, les évolutions effectives se traduisent majoritairement en bifurcations professionnelles. Les 32% de répondants ayant mené des changements effectifs au cours de l’année passée évoquent principalement des débuts de formation, des reconversions professionnelles et des changements d’entreprise.

 

In fine, lorsque l’on demande aux Français d’évaluer
l’impact de l’année passée sur leur relation au travail, ceux-ci l’estiment à

6,7/10

 

Pour les Français en emploi, le fait d’avoir eu - pour beaucoup - le travail comme seule activité quotidienne a permis et provoqué une réelle introspection :

plus que le temps que ce dernier occupe dans notre quotidien, c’est bien le rôle que l’on veut qu’il joue dans nos vies qui est remis en question.

Comment donc se redéfinit cette relation au travail ?

 
ENQUETE-02.png
 
 
paralax-06.png

Maison 2 :
Rapport au travail

ENQUETE-03.png
dos carte-07.png
CARTES-13.png

LE CHARIOT

Le travail face à l’essentiel et

l’essentiel au travail

L’arcane Le Chariot est une image de notre volonté d’avancer de façon indépendante et autonome. Le Chariot symbolise le mouvement et le voyage. C’est l’art de se déplacer sans contraintes. C’est une affirmation de soi qui manifeste un certain degré de confiance en soi.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Une crise qui a façonné de nouvelles attentes envers le travail

ENQUETE-16.png
ENQUETE-17.png
ENQUETE-18.png
ENQUETE-19.png

Si les attentes liées au rythme de travail font facilement écho à l’état de fatigue des travailleurs français, les chiffres sur la sécurité ont légèrement baissé, ce qui est plus étonnant : après une année de crise et d’incertitudes (qui ont également touché le marché du travail), les Français ne sont pas davantage en quête de stabilité. Peut-être cela profile-t-il ici une quête de déséquilibre un brin grisant après une année cocon ?

L’utilité du travail questionnée : de soi à l’autre

 

Ce qui est certain, c’est que les chiffres semblent bien contredire une interprétation nombriliste des 80% de répondants qui se déclarent plus centrés sur eux-mêmes. Alors qu’on observe une baisse notable de l’importance des leviers d’estime personnelle et d’accomplissement de soi, la capacité à avoir de l’impact sur son environnement a doublé le nombre de ses adeptes dans le milieu professionnel (de 11,9% à 23,6%). 

L’introspection favorisée par les confinements successifs a donc orienté les Français vers des envies professionnelles qui leur permettent de faire la différence pour quelque chose qui les dépasse. Le travail devient moins un facteur identitaire permettant de se définir qu’un moyen d’avoir de l’impact en étant totalement aligné avec ses propres valeurs. Un glissement de l’être et du paraître vers l’agir.

La crise planétaire a revalorisé la dimension sociétale qui avait été écartée.

Aujourd’hui, il y a de plus en plus de quête de sens, un besoin d'alignement personnel, même plutôt de cohérence globale en actionnant les leviers permettant de créer de la cohésion, de la convivialité et de la collaboration.

L’oeil de Marianne Urmès, DRH @ TooGoodTOGo

MARIANNE.png

On observe dans nos processus de recrutement une réelle évolution des demandes. Et d’ailleurs, ce n’est pas parce qu’il y a une crise économique que les candidats sont moins exigeants. L’éthique de l’entreprise, ses engagements et ses valeurs deviennent des sujets centraux de discussions. 

L’oeil d’Eva Azoulay,

Global VP of HR @ L’Oréal:

Eva azoulay.png

Une façon de travailler à réadapter : plus d’autonomie pour plus d’impact

 

S’il est bien un des acquis de la crise auquel les collaborateurs tiennent tout particulièrement aujourd’hui, c’est leur autonomie. Sans tomber dans les clichés de cadres “mercenaires digitaux” qui travailleraient de manière désincarnée et distante, une brise de liberté (ne retirant rien à l’importance du relationnel) souffle parmi les cadres qui souhaitent préserver leur flexibilité.

La condition de travail à laquelle les travailleurs français tiennent le plus :​

LE CHARIOT

40%
16.6%

2. Le temps avec l'équipe

1. L'autonomie

3. Le salaire

12.8%

4. Mes responsabilités (10,5%)

5. Mon temps libre (9,6%)

6. Le télétravail (7,6%)

7. Le bureau / autre (3%)

Cette autonomie est vue comme un réel levier d’émancipation leur permettant de gagner non seulement en marge de manœuvre mais aussi et surtout en efficacité. 

 

“Je souhaite avoir la liberté et la responsabilité de m'organiser. Avec en ligne de mire et pour seul objectif le résultat.”

Le télétravail, c’est un pacte de confiance. Je veux bien qu’on écrive tous les accords collectifs de la planète, on ne restituera pas le succès et la substance du télétravail si les parties ne sont pas liées par cette envie de faire avec de la flexibilité. Or la flexibilité, c’est un mot qu’on n’aime pas. C’est un mot douteux, qui sous-entend l’abus.

L’oeil d’Emmanuelle Barbara, avocate

BARBARA.png

Si la place du travail dans la vie des travailleurs français semble bien impactée,  il s’agit moins  là d’un changement radical que d’un subtil rééquilibrage : ​

dans sa finalité : on attend moins du travail qu’il nous valorise d’un point de vue statutaire mais plutôt qu’il nous apporte du sens par la capacité d’agir qu’il nous octroie,

 

dans sa forme : en conséquence directe de cette finalité que l’on donne au travail, on souhaite moins être cantonné à une exigence de  moyens que challengé sur notre impact et nos résultats.

Comment donc, à l’échelle des organisations, répondre à ces aspirations individuelles d’impact et d’autonomie ?

 
ENQUETE-02.png
 
paralax-06.png

Maison 3 :
Entreprises en mutation

dos carte-07.png
CARTES-14.png

LA ROUE DE LA FORTUNE

À l’échelle de l’entreprise,

quel est le new deal ?

La Roue de la fortune symbolise le destin, les aléas de l’existence et les opportunités à saisir. La Roue de Fortune représente également l’art de poursuivre ce qui est le plus important pour soi. C’est connaître ses désirs et possibilités pour les mettre en œuvre afin de réussir.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Alors que les collaborateurs sont traversés par des questionnements de fond et que le contexte économique reste très difficile dans certains secteurs, l’entreprise est contrainte d’impulser et/ou d’accélérer sa réinvention. Un chantier qui s’avère d’autant plus urgent que le climat social n’apparaît pas au beau fixe dans un contexte de distanciation sociale.

Les relations au sein de mon entreprise :

67%

se sont détériorées

22%

sont restées les mêmes

ENQUETE-23.png
11%

se sont renforcées

Nous avons donc passé au peigne fin les acteurs et ingrédients garants du lien collectif.

ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
dos carte-07.png
CARTES-11.png

LA TEMPÉRANCE

Le manager-animateur

L’arcane Tempérance symbolise l’art de la circulation des énergies, de manière symbolique avec l’ensemble des relations sociales et amicales. Tempérance représente l’intermédiaire, le médiateur. C’est celui qui met les gens en relation et trouve les solutions qui vont convenir à chacun. Tempérance est un bon ange gardien, il protège et guérit. Il est bienveillant et instaure un climat agréable dans les relations.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Les managers dans l’œil du cyclone

 

La tâche n’est pas aisée pour les managers : un télétravail de contrainte qui distend les équipes hors d’une unité de temps, de lieu et d’action, avec pour conséquence une détérioration des relations (bien que le phénomène soit moins amplifié à l’échelle des équipes) et surtout des velléités de liberté, d’autonomie et de confiance qui imposeront un changement de posture.

Les relations au sein de mon équipe :

38%

se sont détériorées

38%

sont restées les mêmes

ENQUETE-24.png
24%

se sont renforcées

ENQUETE-03.png

Comment créer du liant à distance ? Comment synchroniser et mettre en synergie des électrons libres ? Quel équilibre entre le pilotage et l’autonomie ? Si ces nouvelles données semblent compliquer la tâche et imposer un réajustement, l’importance de la fonction managériale se fait plus prégnante que jamais.

 

Les entreprises semblent d’ailleurs être évaluées par les travailleurs français à l’aune de la qualité de leurs managers.

5.9/10
ENQUETE-25.png

Comment votre organisation a-t-elle géré l’année passée vis-à-vis de son équipe ?

5.9/10
ENQUETE-25.png

Comment votre manager a-t-il géré l’année passée vis-à-vis de ses collaborateurs ?

Les plus grandes difficultés vécues par les collaborateurs :

Les plus grands enjeux des managers :

ENQUETE-15.png
36.6%

Rester motivé

32.4%

Pallier le manque de relations sociales

ENQUETE-27.png
19,1%

Faire face à l’incertitude

4,3%

M’adapter aux nouveaux modes de travail

7.7%

Autre

ENQUETE-02.png
ENQUETE-27.png

De nombreux enjeux sont donc à relever alors même que les managers ressortent les plus affaiblis de cette période :

 

ils sont 59% à avoir le sentiment d’avoir travaillé davantage avec pour conséquence un épuisement des troupes.

Comment donc qualifier l’excellence managériale aujourd’hui ?

LA TEMPÉRANCE

Au niveau individuel :

 un besoin accru d’attention 

Le manager de proximité notamment, dans un contexte où le professionnel et le privé sont intrinsèquement mêlés et où les conditions de travail ne sont pas toujours optimales, s’intéresse à son tour au quotidien de ses équipes, à ce qu’il se passe derrière l’ordinateur : 

 

“Mon manager a toujours pris des nouvelles de la situation personnelle de l’équipe et a su adapter les réunions ou plans d’actions selon les impératifs de chacun.”

 

“Il y avait un réel manque de compréhension des besoins personnels de chacun.”

 

“Mon manager a su faire preuve d'ingéniosité pour nous porter et nous aider au mieux pour trouver une stabilité entre vie sociable, collectif et travail.”

 

Il se dote de capteurs de signaux faibles pour cerner à distance les difficultés personnelles et ajuster sur-mesure le pilotage des projets. Le grand défi des managers sera celui d’assurer un équilibre entre empathie, équité et exigence.

Le sentiment de travailler davantage est d’autant plus accentué que le travail s’invite chez les télétravailleurs et qu’il n’y a plus de cloisonnement. Cela nécessite une certaine exemplarité et une attention particulière pour prévenir les burn out. La distance généralisée va requérir un surcroît d’empathie et d’attention de la part des dirigeants et des managers. Car le distanciel implique un danger d’éclatement complet et de déshumanisation des relations de travail.

L’oeil de David Djaïz,

Haut-fonctionnaire, essayiste et enseignant à Sciences Po :

DJAIZ.png
ENQUETE-02.png

Pour faire de la prévention de burn out à distance, le levier managérial est clé : il faut avoir des managers qui détectent, qui accompagnent, il est hyper important d’avoir une ligne managériale présente, à proximité et non épuisée.

L’oeil de Marianne Urmès, DRH @ TooGoodTOGo

MARIANNE.png

Au niveau de l'équipe :

 l'enjeu de la cohésion 

Autre grand enjeu managérial : celui de la cohésion. 

Dans les équipes, comment créer du liant et souder le collectif alors que certains collaborateurs ne se sont pas vus depuis plus d’un an ?

albert.png

Notre cognition sociale est aujourd’hui largement impactée. La distance n’est pas un problème majeur quand les équipes se connaissent déjà. Mais quand des collaborateurs récemment recrutés ne se sont jamais vus en vrai, cela crée des problèmes de communication et de distorsion : extrapolation de l’écrit et des mails, supposition d’intentions alors qu’on n’a plus accès à des facteurs majeurs de la transmission de l’information comme l’intonation, les expressions du visage, etc.

L’oeil d’Albert Moukheiber, docteur en sciences cognitives

ENQUETE-03.png

Et comment susciter le plaisir de travailler ensemble alors même que l’année passée a été difficile, que beaucoup de collaborateurs sont épuisés, que d’autres ont décroché (loin de l’activité en chômage partiel ou démotivés à distance) ?

Maison 3 :
Entreprises en mutation

Il y a tout de même une dimension aliénante et abrutissante du travail à distance sur la durée : il dépouille le travail de partage et de plaisir. Je pense que ça a un impact direct sur l’engagement des collaborateurs. 

L’oeil d’Eva Azoulay,

Global VP of HR @ L’Oréal 

Eva azoulay.png

Au niveau de l'entreprise :

 le défi de la transversalité 

Pour faire collectif, la collaboration est une condition majeure. L’entreprise doit trouver les moyens pour que les gens travaillent ensemble grâce à des workshops, des cross teams, du binômage pour être en co-construction avec l’autre.

L’oeil de Marianne Urmès, DRH @ TooGoodTOGo

MARIANNE.png

Il est un dernier défi de taille : celui de la collaboration inter services. Car si les relations au sein même des équipes ont été un peu abîmées, les plus grandes perdantes du télétravail restent les synergies entre services. Sans rencontre fortuite au détour d’un couloir, sans les discussions informelles des espaces communs de détente, la distance a tendance à accentuer les silos. En témoigne la dégradation générale des relations au sein de l’entreprise, en dehors du cocon proche de l’équipe.

À l’échelle managériale, la conservation de la transversalité nécessitera une réelle transparence de l’information pour faire cascader vers le bas les priorités stratégiques, projets groupe et pour faire remonter aux autres managers ce qui a été réalisé par les opérationnels pour éviter les doublons, aligner les services, favoriser les synergies. Cela nécessite plus que jamais que l’entreprise investisse et anime un vrai collectif managérial en soi.

 

Il y a eu durant l’année écoulée un manque criant de communication globale et régulière sur les difficultés du groupe.

 

De nombreux enjeux sont donc à relever alors même que les managers ressortent les plus affaiblis de cette période : ils sont 59% à avoir travaillé davantage avec pour conséquence un épuisement des troupes.

Au niveau du management :

 l’impératif de confiance 

La confiance a priori est une condition sine qua non de l’autonomie plébiscitée par les collaborateurs. Un élément que semblent s’être plutôt bien approprié  les lignes managériales au cours de l’année passée, sachant que les collaborateurs ne sont que 7,6% à déclarer souhaiter davantage d’autonomie dans le travail. 

LA TEMPÉRANCE

Alors que le relationnel est ce qui a le plus fait défaut aux collaborateurs pendant l’année passée, jusqu’à dénuer le travail de sa dimension sociale et à le réduire à la seule notion de productivité, le manager doit plus que jamais endosser un rôle d’animateur : pour assurer la cohésion des équipes, veiller à ce que tout le monde soit embarqué et en bonne santé, créer du liant entre les services… Il n’est plus contrôleur mais facilitateur. 

Il est finalement un nouveau défi qui attend les lignes managériales : celui du retour au bureau.

 

Comment orchestrer le travail hybride avec des équipes en présentiel et à distance ? Quel usage faudra-t-il faire des bureaux ? Comment penser une nouvelle configuration des espaces pour s’adapter à de nouveaux modes de travail ?

42.9%

 Non  , j'en avais déjà assez

24.6%

 Oui  , jusqu’à avoir l’impression d’être laissé seul à

moi-même

7.6%

 Non  , et pourtant je le souhaite

3%
21.8%

 Oui  , et c'était bienvenu

 Autre 

Avez-vous eu l’impression de bénéficier de plus d’autonomie qu’avant ?

ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png
dos carte-07.png
CARTES-10.png

LE MAT

Façonner de nouveaux espaces de travail

Le Mat représente le voyageur autant que l’aventurier. C’est une image de liberté et de libération des contraintes, où l’on retrouve un espace et un esprit libre, en se dégageant des conventions. Le Mat représente la capacité d’avancer vers des terrains inconnus.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

Après une année de crise sanitaire, pendant laquelle certaines entreprises n’ont même pas pu rouvrir l’accès aux bureaux aux collaborateurs depuis mars 2020, il apparaît plus que jamais nécessaire de se retrouver dans une unité de lieu et de temps. 

En revanche, la flexibilité gagnée par les collaborateurs à la faveur des confinements avec notamment les accords sur le télétravail implique également plus de liberté dans le choix de leur espace de travail. Le bureau n’est plus le lieu de travail par défaut, coincé entre les invariables métro et dodo. Nouveau défi de taille : le bureau doit plus que jamais donner envie, séduire, attirer les collaborateurs, les motiver à faire le déplacement.

Le bureau-place du village

 

Le bureau est loin de disparaître : seulement 15% des travailleurs français souhaiteraient faire moins de 5 jours de présentiel par mois.

ENQUETE-15.png
8.2/10
ENQUETE2-25.png

0 (=pas du tout important) à 10 (=très important)

A quel point cela vous semble important d’avoir des jours de présentiel en commun avec vos collègues ?

ENQUETE-28.png

Combien de jours en présentiel imposés par mois seriez-vous prêt à accepter ?

33,4%

Autant que nécessaire

32,4%

Entre 5 et 10

16,3%

Plus de 10

1,9%

Aucun

15%
1%

Autre

Moins de 5

Le retour au bureau est d’ailleurs particulièrement plébiscité par les jeunes générations : ils sont 46% à déclarer vouloir revenir autant que nécessaire contre 33,4% pour la totalité des répondants. 

 

Pour autant, si le souhait du bureau semble majoritaire, il ne déroge pas à la nécessité  de se réinventer : les travailleurs français ne notent leur bien-être dans les bureaux qu’à 6,6/10.

ENQUETE-15.png
6.6/10
ENQUETE3-25.png

0 (=pas du tout ) à 10 (=comme un poisson dans l'eau)

Est-ce que vous vous sentez bien dans ces bureaux ?

ENQUETE-02.png

Les nuisances sonores et le manque d’espaces dédiés à la concentration sont le principal objet des critiques à l’égard du bureau. 

 

“Trop de bruit.” 

 

“Difficile de se concentrer avec toutes ces distractions”. 

 

“Impossible de trouver une salle isolée pour téléphoner.” 

 

En revanche ce qui y est particulièrement apprécié lorsque les bureaux plaisent, c’est - sans trop de surprise - le lien social.

 

“Le bureau, c’est pour moi un lieu de convivialité.” 

 

“J’y retrouve du contact, de la bonne humeur.

“J’aime mon bureau parce que j’y rigole bien !!!!”

Pourquoi ira-t-on au bureau demain?

Pour faire ce qu’on ne peut pas faire chez soi, ni ailleurs : retrouver ses collègues, vivre l’émulation et les valeurs de l’entreprise, faire l’expérience de son collectif et de sa culture. Innovation, créativité, lien humain, sont autant de tâches que beaucoup d’entreprises peinent à réaliser à distance et dont le bureau sera le gardien. D’une majorité d’espaces de production et une minorité d’espaces collectifs de réunion, la tendance tend à s’inverser pour offrir plus de lieux d’échanges, de collaboration, d’innovation et de créativité aux équipes. Un certain aménagement des circulations, des escaliers ouverts, des nœuds de croisement de flux accueillants peuvent faciliter les rencontres fortuites et les échanges prolifiques.

“Les gens sont contents de se retrouver. Du coup, c'est appréciable d'avoir des espaces communs de bonne qualité.”

 

“Pour collaborer, j’apprécie la proximité avec mon équipe mais aussi avec les autres unités de l'entité.”

 

“Le télétravail sera, lui, plus propice aux activités nécessitant de la concentration.”

ENQUETE-02.png

Une “archipellisation des lieux de travail”

Qui dit télétravail, ne dit pas forcément home office. Et s’il offre la possibilité de réduire les déplacements pendulaires, les sciences cognitives montrent qu’il est néanmoins plus sain de pouvoir distinguer le lieu de travail du lieu de vie. La solution pour concilier les deux ? L’accès à des espaces de travail proches des lieux de vie des collaborateurs.

 

Plusieurs solutions sont envisagées.

LE MAT

Pour bien travailler depuis là où vous vivez, il vous manquerait :

  • Un tiers lieux : un espace hybride partagé avec d'autres personnes 32,7%

  • Du matériel pour travailler à distance et un espace approprié (26,5%)

  • Un espace chez moi (18,5%)

  • Une réouverture totale des bureaux actuels de mon entreprise (11,8%)

  • Une antenne locale de mon entreprise (5,9%)

  • L’accès au télétravail (4,6%)

“Ce serait fantastique d’avoir plusieurs petits bureaux partagés dans l’Île-de-France où nous pouvons aller là où nous le souhaitons pour éviter les 2h de transport.”

 

“L’idéal serait d’avoir accès à des espaces de coworking en fonction des besoins du moment et du collectif.” 

 

“J’aimerais avoir la possibilité de télétravailler dans des tiers-lieux ou à la maison avec un regroupement des équipes au bureau au moins quelques jours par mois et des temps forts de collectif dans l’année.”

Ceux qui télétravaillent n’ont pas forcément envie de le faire de chez eux et de se laisser envahir par la vie professionnelle dans leur intimité. C’est là que le tiers-lieu, qui n’est ni l’intimité ni isolant comme le domicile, ni éloigné comme le bureau, devient une alternative attractive. Le tiers lieu permet le lien social, et c’est particulièrement utile dans les territoires ruraux pour pallier l’isolement.

L’oeil de David Djaïz,

Haut-fonctionnaire, essayiste et enseignant à Sciences Po :

DJAIZ.png

Pour en savoir plus

Étude de The Boson Project, mai 2021

Impacts immobiliers et territoriaux des mutations du travail

 
 
 
 
paralax-06.png

Maison 4 :
Nouveaux projets de sociétés

ENQUETE-03.png
dos carte-07.png
CARTES-08.png

LE JUGEMENT

l’entreprise rêvée de demain

L’arcane Le Jugement évoque la direction vers un renouveau espéré. C’est un appel à une renaissance de l’énergie et une guérison. Le Jugement est une image d’une inspiration qui permet de s’élever socialement ou de voir la réussite d’un projet.*

*Tarot de Marseille : signification des 22 Arcanes majeurs, Simone Berno, ELLE

La juste mesure :

Pas de retour en arrière, mais pas de révolution 360°

« Tout ce qui est excessif est insignifiant », disait le diplomate Talleyrand. Après plus d’un an de confinement, les Français souhaitent revenir à un juste équilibre, enrichi de ce que cette crise leur a appris en termes d’organisation du travail, sans couper court aux fondamentaux d’avant. 

Un galop d'essai de contrainte pendant la crise qui a prouvé ses avantages...

Au compteur de ces mois de télétravail contraint, les travailleurs retiennent : 

  • La liberté d’organisation que le télétravail offre, avec ce qu'elle implique de productivité accrue pour les sujets qui nécessitent concentration et une gestion flexible des horaires qui a permis a certains de mieux disposer de leur temps libre pour y intégrer hobbies, pauses réparatrices, promenade du chien, dépose des enfants à l’école…

  • Le confort sans transports : les déplacements pendulaires étaient un fardeau lourd à assumer sur l'intégralité de la semaine pour les travailleurs habitant loin du bureau.  

  • Les nouvelles perspectives ouvertes par cette possibilité de travailler de n'importe où : les Français se sont projetés plus souvent proches de leur famille ou à la découverte de nouvelles contrées. 

Côté entreprises, le télétravail forcé a également eu ses + : 

  • La productivité accrue des travailleurs sur les tâches individuelles : sans les interruptions sonores du bureau partagé, les collaborateurs ont pu renouer avec la concentration. 

  • La réconciliation des managers avec le télétravail : ceux-ci ayant vécu la même expérience que leurs équipes, la période actuelle a réussi à convaincre beaucoup de réfractaires. 

  • Les perspectives de gains économiques avec une éventuelle réduction des m2 de bureaux (second poste d’investissement le plus important pour les entreprises).

Cette période de transition met les entreprises face à des enjeux fondamentaux. Leurs réponses façonneront l’entreprise de demain

Si les avantages sont là, les challenges aussi ! Le momemtum que nous vivons place les entreprises face à des évolutions nécessaires.

 1  : Du paternalisme à la fraternité

"Mon entreprise idéale ressemble à un village où chacun prend soin de tout le monde."

Le soin devient l'affaire de tous, une responsabilité collective et non l'apanage du chef. 

La plus grande responsabilité des entreprises  aujourd’hui  c’est de :

  • Prendre soin de ses collaborateurs (39,6%)

  • Faire face, pour de vrai, aux grandes transitions environnementales (25,1%)

  • Etre un employeur exemplaire (13,4%)

  • Œuvrer à renouer avec la croissance (10,8%)

  • Être éthique avec ses parties prenantes (fournisseurs, partenaires…) (7,6%)

  • Autre (3,4%)

"Mon entreprise rêvée est bienveillante dans le sens empathique et familial, qui prend soin de : c’est de la bienveillance active et engagée"

albert.png

Il y a souvent un décalage entre le discours et l’action des entreprises : on dit aux employés “on est une famille”, mais c’est majoritairement à sens unique. Pour se déclarer famille, il faut s’intéresser pour de vrai aux hommes et aux femmes et le faire transparaître dans les actes : donner la possibilité de s’arrêter plus tôt dans la journée par exemple, et ne pas simplement leur demander de s’engager toujours plus. 

Mais il ne faut pas tomber non plus dans le travers d’une entreprise seule responsable de la santé mentale des employés. Il y a tellement de facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes qui rentrent en compte dans le mal être. Il faut laisser aux gens le droit d’aller mal et créer un cadre propice à la considération sans verser dans le paternalisme infantilisant. 

L’oeil d’Albert Moukheiber, docteur en sciences cognitives

DJAIZ.png

Il faudra mettre les bouchées doubles pour sanctuariser des moments de soudure et de commun alors que dans l’entreprise beaucoup se joue dans l’informel, dans les interstices entre deux réunions qui sont des terreaux de communication et d’innovation inattendues.

L’oeil de David Djaïz,

Haut-fonctionnaire, essayiste et enseignant

à Sciences Po :

La fraternité by Boson, c'est : 

"cette solidarité spécifique à ceux qui croient aux mêmes valeurs et s’engagent dans un même combat. Elle est l’œuvre d’une sensibilité commune qui œuvre elle-même en retour. Elle n’est en ce sens ni passive, ni immobilisante comme l’est la compassion, mais responsabilisante et active."

ENQUETE-03.png

Face à cet impératif de soin, le  rôle des DRH  sera crucial.

Pour en savoir plus

Turbulences et renaissance de la fonction RH, The Boson Project, 2016

Pour en savoir plus

Emmanuelle Duez & Justine Dupuy,
Éditions de l’Observatoire, 2020

Eva azoulay.png

Pour pouvoir prendre soin des talents et les développer, la fonction RH doit percevoir avec finesse ce qu’il se passe dans l’entreprise, au niveau individuel comme interpersonnel (situations personnelles difficiles, conflits, etc.). Le challenge est d’autant plus élevé que la distance ne facilite pas notre métier. Tout comme les managers, nous n’avons pas toujours les bonnes antennes loin du bureau. La communication interne va jouer un rôle crucial pour préserver la dimension proximité de notre métier et il faudra développer les outils nécessaires pour permettre aux collaborateurs d’être proactifs à nos côtés dans la gestion RH de leur parcours.

L’oeil d’Eva Azoulay,

Global VP of HR @ L’Oréal:

La fonction RH est un relais, un mentor interne qui, en soutien des lignes managériales, permet d’accompagner les collaborateurs sur des sujets de bien-être, de motivation, de projection.

L’oeil de Marianne Urmès, DRH @ TooGoodTOGo

MARIANNE.png

 2  : De la raison d’être à l’utilité

La plus grande responsabilité des entreprises  demain  c’est de :

  • Faire face, pour de vrai, aux grandes transitions environnementales (37,4%)

  • Prendre soin de ses collaborateurs (20%)

  • Etre un employeur exemplaire (14,2%%)

  • Œuvrer à renouer avec la croissance (9%)

  • Être éthique avec ses parties pren

"Mon entreprise idéale contribue à l'amélioration du monde à tous les niveaux (écologique, humain, éthique, etc.)"

Les transitions environnementales sont même une priorité pour 56% des moins de 25 ans !

Donc un réel enjeu d’attractivité employeur vis-à-vis des futures générations de talents.

Il est souhaité une entreprise fraternelle en son sein, qui œuvre activement à demain. 

LE JUGEMENT

Pour en savoir plus

Emmanuelle Duez, dans l’ouvrage L’entreprise au-delà du capitalisme d’Alexandre Menais, avril 2021

Oui, nous sommes partis loin, mais c’est tout l’intérêt de ces démarches qui questionnent les états de fait que de soulever l’absurde et l’essentiel. Les jeunes générations, elles, ne s’embarrassent pas de vocables derrière les quêtes de sens et d’utilité au monde [...]. Si le collectif, le lien, la fraternité est le pourquoi immédiat, fondation humaine au cœur des raisons d’être de tous, il est essentiel de le permettre encore demain, dans 50 ou 100 ans.

Humanisme, n.m. : Attitude philosophique qui tient l'homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d'épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines. 

Mettre l’homme au cœur, ce n’est pas asservir encore davantage notre environnement mais faire une place durable aux générations à venir, aux héritiers sans héritage de Kofi Annan. Le premier des humanismes est celui que nous devons à nos enfants : leur permettre à long terme de choisir, de rêver, de se tromper. De disserter eux aussi sur les raisons d’être des organisations qu’ils contribueront à faire fonctionner.

ENQUETE-03.png

 de collaborateur-travailleur à collaborateur-citoyen 

Ce qui importe au salarié aujourd’hui, ce sont moins ses droits en tant que travailleur que ses droits en tant que citoyen qui travaille : son droit d’agir, de réfléchir, de s’exprimer, son droit d’être. Cela redéfinit totalement le travail et la responsabilité de l’entreprise.

L’oeil d’Emmanuelle Barbara, avocate

BARBARA.png
ENQUETE-02.png
ENQUETE-02.png

Pour en savoir plus

Enquête The Boson Project, mars 2021

Il est demandé par les jeunes talents aux entreprises d’aligner les intentions et les actions, et ce de manière holistique, avec une certaine intransigeance envers le "purpose" et le "green" washing.

 3  : De la subordination à la subsidiarité

Le contrat de travail était vu comme l’expression du devoir d’obéissance, du lien de subordination. Des phénomènes d’émancipation sociologique (avec notamment des aspirations d’autonomie) et d’évolution des modes de travail tendent vers la fin d’une prescription de tâches top-down tatillonne et hiérarchique. On passe d’une prescription de tâches à une prescription de mission, en laissant les collaborateurs davantage libres sur le modus operandi.

L’oeil d’Emmanuelle Barbara, avocate

BARBARA.png

"Je rêve d’une entreprise moins verticale et plus horizontale, où le manager fait preuve de subsidiarité.

On laisse les gens faire, s'exprimer et entreprendre."

"Je voudrais une entreprise flexible, qui laisse la liberté et la responsabilité aux collaborateurs de s'organiser. Avec comme seul objectif le résultat."

Les collaborateurs souhaitent une confiance a priori et l'autonomie associée.

Cependant, cette autonomie sous-entend un management à géométrie variable beaucoup plus complexe. 

Comment s’adapter aux situations personnelles de chacun ? Jusqu’où devra aller l’entreprise dans le sur-mesure sans créer d’injustice ni trop s’immiscer dans la vie personnelle de chacun ?

De l'égalité à l'équité 

ENQUETE-02.png

Ce sont aujourd’hui des questions sans recette magique. Ce qui est certain, c’est que dans le traitement de plus en plus individuel qui devra être apporté par les entreprises aux collaborateurs, elle devront veiller à une chose : éviter le creusement des fractures qui ont déjà commencé à se creuser : entre vielles et jeunes générations, entre ceux qui télétravaillent et ceux qui ne le peuvent pas, entre l’individuel et le collectif et enfin entre ceux et celles très à l’aise avec l’autonomie et la responsabilité, nécessaires pour naviguer dans ce nouveau monde, et ceux qui le sont beaucoup moins. 

 

Face à cet enjeu, les espaces de travail, lieu de justice sociale, cristallisent le débat.

L’ère du choix et de la slow revolution du travail

Balle au centre : aujourd’hui il semblerait que la balance des pouvoirs entre collaborateurs et entreprises soit à l’équilibre. Si chacun tend la main vers l’autre c’est parce qu’on sait ce qu’on a à y gagner avec ce nouveau travail qui se dessine.

 

Mais les incertitudes sur les conséquences à long terme de ce que l'on décidera aujourd'hui ralentit encore certaines prises de position. La flexibilité est devenue un nouveau paradigme du contrat entre collaborateur et entreprise, mais les contreparties de celle-ci ne sont cependant aujourd'hui pas évidentes.

 

Quoi qu'il en soit, la période a permis de remettre les compteurs à zéro, de nous donner l'audace de questionner l'établi et les conditions de rêver de nouveaux modes de travail. C’est une formidable opportunité de dessiner un modèle entrepreneurial alternatif et d'affirmer quel type d'organisation une entreprise souhaite être véritablement.

Au-delà de la réinvention profonde des modes de travail qui se présente à nous, une autre révolution se dessine en douce dans la façon dont les entreprises prendront des décisions. D'une part, nous observons pour la première fois de façon généralisée, une certaine coopération entre entreprises, organisations syndicales et collaborateurs pour créer ce nouveau monde. Il semblerait que l'ère de la co-construction prenne sa pleine mesure aujourd'hui.

 

D'autre part, les décisions prises sur l'avenir du travail dans le cadre de cette co-construction ne pourront pas être figées et les mêmes pour tous. Elles devront être évolutives dans le temps, réadaptées en permanence à l'entreprise et aux individus pour trouver perpétuellement un équilibre.  L’avenir est donc celui du choix, un choix qui devra accepter de se faire en amélioration continue, avec humilité et courage.